Degem - Deutsche Gesellschaft für elektroakustische Musik e.V.

[ 09. April 2010 ]

AUSSCHREIBUNG - Deleuze et la musique, Deleuze and Music

Von: Makis Solomos Diese E-Mail-Adresse ist gegen Spambots geschützt! JavaScript muss aktiviert werden, damit sie angezeigt werden kann.

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Revue
Review
Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société
www.revue-filigrane.org
Deleuze et la musique
Deleuze and Music
« Or quelle est l’affaire de la musique, quel est son contenu  
indissociable de l’expression sonore ? C’est difficile à dire, mais  
c’est quelque chose comme : un enfant meurt, un oiseau arrive, un  
oiseau s’en va. Nous voulons dire qu’il n’y a pas là des thèmes  
accidentels de la musique, même si l’on peut en multiplier les  
exemples, encore moins des exercices imitatifs, mais quelque chose  
d’essentiel. Pourquoi un enfant, une femme, un oiseau ? C’est parce  
que l’expression musicale est inséparable d’un devenir-femme, d’un  
devenir-enfant, d’un devenir-animal qui constituent son contenu.  
Pourquoi l’enfant meurt-il, ou l’oiseau tombe-t-il, comme percé d’une  
flèche ? En raison même du “danger” propre à toute ligne qui  
s’échappe, à toute ligne de fuite ou de déterritorialisation  
créatrice : tourner en destruction, en abolition. Mélisande, une femme-
enfant, un secret, meurt deux fois (“c’est au tour maintenant de la  
pauvre petite”). La musique n’est jamais tragique, la musique est  
joie. Mais il arrive nécessairement qu’elle nous donne le goût de  
mourir, moins de bonheur que mourir avec bonheur, s’éteindre. Non pas  
en vertu d’un instinct de mort qu’elle soulèverait en nous, mais d’une  
dimension propre à son agencement sonore, à sa machine sonore, le  
moment qu’il faut affronter, où la transversale tourne en ligne  
d’abolition. Paix et exaspération. La musique a soif de destruction,  
tous les genres de destruction, extinction, cassage, dislocation.  
N’est-ce pas son “fascisme” potentiel ? Mais chaque fois qu’un  
musicien écrit In memoriam, il s’agit non pas d’un motif  
d’inspiration, non pas d’un souvenir, mais au contraire d’un devenir  
qui n’a fait qu’affronter son propre danger, quitte à tomber pour en  
renaître : un devenir-enfant, un devenir-femme, un devenir-animal, en  
tant qu’ils sont le contenu même de la musique et vont jusqu’à la mort».
“What does music deal with, what is the content indissociable from  
sound expression? It is hard to say, but it is something: a child  
dies, a child plays, a woman is born, a woman dies, a bird arrives, a  
bird flies off. We wish to say that these are not accidental themes in  
music (even if it is possible to multiply examples) much less  
imitative exercises; they are something essential. Why a child, a  
woman, a bird? It is because musical expression is inseparable from a  
becoming-woman, a becoming-child, a becoming-animal that constitute  
its content. Why does the child die, or the bird fall as thought  
pierced by an arrow? Because of the ‘danger’ inherent in any line that  
escapes, in any line of flight or creative deterritorialization: the  
danger of veering toward destruction, toward abolition. Mélisande [in  
Debussy’s opera, Pelléas et Mélisande—Trans.], a child-woman, a  
secret, dies twice (‘it’s the poor little dear’s turn now’). Music in  
never tragic, music is joy. But there are times it necessarily gives  
us a taste for death; not so much happiness as dying happily, being  
extinguished. Not as a function of a death instinct it allegedly  
awakens in us; but of a dimension proper to its sound assemblage, to  
its sound machine, the moment that must be confronted, the moment the  
transversal turns into a line of abolition. Peace and exasperation.  
Music has a thirst for destruction, every kind of destruction,  
extinction, breakage, dislocation. Is that not its potential  
‘fascism’? Whenever a musician writes In Memoriam, it is not so much a  
question of an inspirational motif or a memory, but on the contrary of  
a becoming that is only confronting its own danger, even taking a fall  
in order to rise again: a becoming-child, a becoming-woman, a becoming-
animal, insofar as they are the content of music itself and continue  
to the point of death”.
(Gilles Deleuze, Félix Guattari, Mille plateaux)
Pour inaugurer sa nouvelle formule, la revue Filigrane. Musique,  
esthétique, sciences, société lance un appel autour de Deleuze, le  
philosophe dont l’approche de la musique a beaucoup influencé des  
musiciens et des musicologues des trente dernières années. La revue  
est ouverte à toute proposition, mais privilégiera les propositions  
les plus originales. Les propositions d’article doivent être envoyées  
avant le 30 juin 2010 à Diese E-Mail-Adresse ist gegen Spambots geschützt! JavaScript muss aktiviert werden, damit sie angezeigt werden kann. . Elles  
comprendront : a) l’article (provisoire) complet  ou une proposition  
détaillée (entre 6000 et 10000 caractères) ; b) une biographie. Chaque  
proposition sera évaluée par les membres du comité de rédaction de la  
revue ainsi que par un comité de lecture qui sera spécialement créé  
pour ce numéro. Si l’article est accepté, il devra être envoyé dans sa  
version finale avant le 15 décembre 2010.
To inaugurate its new format, the review Filigrane. Musique,  
esthétique, sciences, société is launching a call for papers about  
Deleuze, the philosopher who has influenced so many musicians and  
musicologists over the last thirty years. The review) is open to all  
kind of proposals, but will give priority to the most original ones.  
The proposals (in English or in French) should be sent before July  
2010 to Diese E-Mail-Adresse ist gegen Spambots geschützt! JavaScript muss aktiviert werden, damit sie angezeigt werden kann. . They should include: a) the  
(provisional) article or a detailed abstract (between 1000 and 1600  
words); b) a biography. The proposals will be evaluated by the members  
of the editorial board and by a review panel, which will be created  
especially for this issue. Accepted articles will have to be submitted  
before December 15th 2010.

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